Luc 19, 1-10 – Quand le salut advient pour une maison

Anne-Marie CHAPLEAU propose ici une lecture du récit de Zachée en Luc 19, 1-10. Elle y met en œuvre les éléments théoriques et méthodologiques de la sémiotique énonciative proposée dans la thèse d’Anne Pénicaud. Dans un article précédent (publié dans S&B n° 143 mais pas encore sur ce site), l’analyse avait débuté par un découpage rigoureux du texte sur des critères énonciatifs et par une analyse figurative. Elle se poursuit ici avec une analyse narrative et une analyse énonciative. L’analyse narrative découvre comment « chercher et sauver le perdu » constitue la visée constante de la venue du Fils de l’homme (« venu pour »). Sa venue est pour un autre, le « perdu » qui en sera éventuellement transformé dans la mesure où, comme Zachée, il y consentira. L’analyse énonciative met en lumière, au sein d’une structure du salut maintes fois reconfigurée, le rôle primordial de la parole qui révèle les positions de chacun. Placée dans la bouche de Jésus, elle montre le caractère relatif de ces positions, discrimine entre celles qui sont ajustées ou pas et suggère pour ces dernières le chemin de leur évolution. Entendue, elle devient l’opérateur de leur transformation.